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L'Afrique


 


Une feuille de route pour
la prospérité

A-t-on peur d'imiter ce qui marche,
et d'abandonner ce qui échoue ?

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Lorna Nicole Kayitesi
Rédactrice, L'Etat . com

1 décembre 2006
Gondar, Éthiopie

L'Amérique . com

Avons-nous le courage de reconnaître les vérités économiques du monde d'aujourd'hui et d'accepter les questions qui en découlent ?

Les Etats-Unis, censément capitalistes, se pressent d'emprunter encore des trillions de dollars pour nourrir la gigantesque machine du gouvernement ; sans surprise, l'économie a du mal à rattraper la croissance de la population. A l'autre bout du globe, la Chine, prétendument communiste, embrasse le secteur privé et se débarrasse de l'excès de bureaucratie, donnant naissance à une expansion épatante.

La France démocratique, elle, jouit de certains avantages structurels, tel que les attraits touristiques les meilleurs du monde et une position centrale en Europe ; toutefois, la fierté entêtée des Français de leur histoire de socialisme les enfonce dans un bourbier économique. Simultanément, Dubaï, autoritaire, profite d'un petit gouvernement discipliné, qui n'exige guère d'impôts et qui facilite un développement stupéfiant.

D'aucuns considèrent ces conditions comme naturelles, ou accidentelles, et ne se posent pas ces questions :

La liberté économique, est-elle véritablement tellement obscure que les populations démocratiques ne peuvent pas appréhender son importance capitale ? Est-ce que son pouvoir restera donc aux mains de despotes, alors que les peuples libres ratent sottement l'occasion d'améliorer leurs vies ?

A-t-on peur d'imiter ce qui marche, et d'abandonner ce qui échoue ?

Comment peuvent les socialistes prétendre qu'ils protègent les pauvres, alors qu'ils s'opposent à la liberté économique, le seul moyen de créer une économie en expansion rapide où foisonnent les bons emplois ?

Dans le contexte africain, combien de temps nous vautrerons-nous dans l'échec avéré du modèle socialiste européen avant d'adopter enfin le modèle libéral qui a béni l'Asie ?

De toutes les questions que soulève l'impuissance des démocraties à sauvegarder leur liberté économique, voilà la première : comment pourrait-on persister à ignorer le cataclysme du socialisme ?

En grande partie, le caractère peu imaginatif des non-érudits explique ce dilemme. Comme John Stuart Mill a remarqué en son temps, la plupart des gens croient que la situation a toujours été, et sera toujours, comme elle l'est à présent. Si la solution admise à n'importe quel problème consiste à dire « plus de gouvernement », les gens ordinaires présument inconsciemment que cette réponse retentit à travers les âges, comme la voix de Dieu.

Bien sûr, la paresse fait aussi son boulot. Si les gens ne sont pas nés paresseux, la fainéantise est en tout cas une affliction difficile à éradiquer une fois établie. Quand l'enfance des gens a été bercé par la promesse que le gouvernement s'occupera de leurs besoins et endossera leurs devoirs charitables, ils ont franchement terreur de la perspective d'agir en tant qu'adultes indépendants.

Indubitablement, les prétendus bénéficiaires du socialisme ; les pauvres, les enfants, et l'environnement ; en constituent en fait les premières victimes. Les pauvres ne peuvent pas trouver de boulots décents à cause du marasme économique. Ils n'arrivent à créer leurs propres entreprises non plus, étant donné le malaise général. Les politiciens sacrifient l'air, l'eau, et les forêts en réponse à la pression de l'électorat, qui pressent que l'économie déjà handicapée saura un effondrement complet si on ajoute la charge supplémentaire d'une politique responsable face à l'environnement.

Les enfants, eux, ne peuvent pas développer leurs individualités dans une diversité de milieux scolaires ; au contraire, ils deviennent homogènes dans le système scolaire public. A la place de rêver de devenir des propriétaires d'entreprises et d'usines, les étudiants aspirent à devenir des bureaucrates comme leurs enseignants étatiques. Au lieu d'instruction concernant l'importance de la liberté individuelle et de la compassion innovatrice pour l'autrui, les élèves n'apprennent que l'histoire triste de leur gouvernement augmentant.

L'Afrique subsaharienne n'a pas besoin de ces problèmes. Les investisseurs ont déjà peur d'y investir leur argent. Alors qu'existent plusieurs exemples de démocraties stables, tel que le Botswana, l'île Maurice, le Ghana, et le Sénégal, les désastres et les tyrannies nombreux donnent l'impression que les cauchemars financiers se tiennent à l'affût en Afrique. (L'Afrique du sud, avec plus de 18.000 meurtres enregistrés l'an dernier et la sympathie du président Mbeki pour l'auteur de meurtres collectifs, Robert Mugabe, n'est pas une des meilleurs enfants.) La liberté économique représente le seul moyen de donner envie aux investisseurs de prendre une rasade de courage. Tant que l'Afrique ne peut offrir qu'une réputation pour l'instabilité et les contraintes du socialisme, elle n'a aucune chance d'être concurrentielle. Dans ce cas, les milliers de projets caritatifs sur le continent n'ont aucune perspective d'avoir un grand impact sur la pauvreté.

Alors que l'Afrique a plusieurs raisons culturelles, artistiques, et sociales pour la fièrté, son expérimentation catastrophique avec le socialisme européen n'en est pas une. La dépendance sur l'aide des pays européens, eux-mêmes incapables de concurrencer avec les puissances industrielles asiatiques, constitue une béquille vermoulue et détourne l'attention de la vraie source de délivrance. Les socialistes français, menant des conférences universitaires insignifiantes, ou se détendant derrière le micro à la Radio France Internationale, maintiennent que la liberté empêche la soi-disant protection sociale et les règlements compliqués qui limitent la semaine de travail à 35 heures et rendent les affaires plus difficiles. En réalité, pourtant, plus l'Afrique imite l'Europe, plus la vie devient l'enfer.

En tout cas, les affaires marchent si mal que l'Etat se retrouve dépourvu d'argent pour une quelconque protection sociale. Les enfants doivent vendre des babioles et risquer la vie en courant entre les voitures. Les filles se prostituent ou prient pour un mariage leur permettant d'acquérir un visa d'un pays lointain.

Par contre, les résultats de la liberté économique ne permettent pas beaucoup de débat sérieux. Dubaï représente probablement le meilleur exemple moderne d'un pays qui a libéré son potentiel caché grâce à la clef que constitue la liberté économique. Contraire à une interprétation érronée vulgaire, le pétrole ne constitue que 6% de l'économie de l'émirat. Cette économie fuse à un taux de croissance de 17% par an, alors que le secteur de la construction monte en flèche à 30% par an. Non seulement y a-t-il assez de travail pour tout secteur de société – pas question de chomer ou de râler – mais de quoi subvenir aux besoins d'immigrés, à tel point qu'ils constituent 80% des habitants ! Mais ne cherchez ni les bureaucrates qui dirigent le spectacle, ni les percepteurs gloutons, ni la foule qui tend la main pour demander l'argent des contribuables – ces vauriens n'existent pas.

A travers l'Amérique, l'Europe, et l'Afrique, les socialistes s'allient. Pour eux, « la solidarité » veut dire s'asseoir en cercle, fermer les yeux, et psalmodier. En effet, psalmodier, créer une fausse réalité collective pour remplacer la vérité d'une France coulant et d'un Dubaï de haut vol : voilà leur moyen de survie.

En tant qu'Africains misérables, nous devons reconnaître et dénoncer ces récitations. Nous devons nous rappeler que le gouvernement, comme le feu, constitue un bon serviteur mais un terrible maître. Donc, le gouvernement ne peut se charger que des rôles qui portent une contribution au bonheur humain : la protection des enfants et de l'environnement, et la lutte contre la force et la fraude. L'essentiel, c'est que le gouvernement reste petit et ne gêne pas le travail des entrepreneurs et des organisations caritatives privées.

Si nous voulons un avenir meilleur, la société doit estimer les directeurs généraux plus que les législateurs ou les présidents. Une personne qui crée la richesse mérite plus de louanges que quelqu'un qui emploie le pouvoir parasitaire pour la prendre.


A roadmap for prosperity

Are we afraid to imitate what works,
and to abandon what fails?

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Lorna Nicole Kayitesi
Producer, L'Etat . com

1 December 2006
Gondar, Ethiopia

L'Amérique . com

Do we have the courage to acknowledge the economic realities of today's world and to accept the questions that spring from them?

The supposedly capitalist United States rushes to borrow further trillions of dollars to feed the gigantic U.S. bureaucracy; not surprisingly, the economy struggles to keep up with population growth. Across the globe, so-called communist China embraces the private sector and unburdens itself of socialist structures, giving rise to staggering economic expansion.

Democratic France enjoys certain structural advantages, such as the best tourist attractions in the world and a central position in Europe; however, the French people's stubborn pride in their history of socialism locks their republic in a economic quagmire. Simultaneously, authoritarian Dubai enjoys an extremely small, disciplined government exacting virtually no taxation and enabling mind-boggling development.

Some accept these conditions as natural, or accidental, without posing the following questions:

Is economic liberty really such an obscur concept that democratic populations cannot grasp its vital importance? Will its power remain forever in the hands of despots, while free people foolishly squander their chance to lead happier lives?

Are people afraid to imitate what works and to abandon what fails?

How can socialists pretend that they protect the poor when they oppose economic liberty, the only way to create a rapidly-expanding economy where jobs abound?

In the African context, how much longer will we wallow in the obvious failure of the European socialist model before we finally imitate the successful capitalist model that has blessed Asia?

Of all the questions raised by the paradoxical failure of democracies to secure their own economic liberty, the first is this: How could anyone continue to ignore the manifest cataclysm of socialism?

The unimaginative character of non-scholars answers this question in large part. As John Stuart Mill noted in his time, most people believe that conditions always were, and always will be, as they are at the present. If today's generally accepted answer to any problem is "more government", ordinary folks unconsciously assume that this solution naturally echoes through the ages, like the voice of God.

Of course, laziness also does its job. If people are not born lazy, indolence is in any case a difficult disease to eradicate once it takes hold. When people are raised on the expectation that government will take care of their needs and assume their charitable duties, they are frankly terrified at the prospect of behaving like independent adults.

Clearly, the supposed beneficiaries of socialism; the poor, the natural environment, and children; are in fact its first victims. The poor cannot find decent jobs because the economy stagnates, nor can they start their own businesses given the general malaise. Politicians sacrifice air, water, and forests due to political pressure from the electorate, which fears that the already burdened economy would collapse under the additional weight of a responsible environmental policy.

Children cannot develop their individuality in a diversity of school environments; rather, they become homogeneous in a uniform public school system. Instead of dreaming of becoming owners of businesses and factories, they aspire to become bureaucrats like their government teachers. In place of instruction about the importance of individual liberty and innovative compassion for one's fellow man, children merely learn the sad saga of their ever-ballooning government.

Subsaharan Africa does not need these problems. Investors already fear putting their money there. While there exist several examples of stable democracies, such as Botswana, Mauritius, Ghana, and Senegal, the numerous disasters and tyrant states give the impression that nightmares lurk everywhere. (South Africa, with over 18,000 murders reported last year, a new scandal tying the national police chief to a notorious murderer, and president Mbeki sympathetic to the mass murderer Robert Mugabe, does not count as one of the best children.) Economic liberty represents the only incentive for investors to take a shot of courage. As long as Africa can only offer a reputation for instability and the constraints of socialism, it has no chance of being competitive, and the thousands of charity projects operating on the continent have no prospect of making much impact.

While Africa has many artistic, cultural, and social reasons for pride, its disastrous experimentation with European socialism is not one of them. Dependence on foreign aid from the U.S. and the E.U., themselves incapable of competing with Asian industrial powers, represents a worm-eaten crutch and a distraction from the only real source of salvation. French socialists, conducting vacuous university lectures or relaxing behind the microphone at Radio France Internationale, argue that liberty does not allow for a taxpayer-funded safety net or complicated guidelines that limit the work week to 35 hours and interfere with business. But in reality, the more Africa tries to imitate Europe, the more life becomes hell.

In any case, business is so terrible that the government finds itself with no money for any safety net or welfare. Children sell plastic objects and risk their lives running between cars. Girls prostitute themselves or pray for a marriage allowing them to obtain a visa for a distant country.

In contrast, the results of economic liberty do not allow for much serious debate. Dubaï probably represents the best example of a country unlocking its hidden potential with the key of liberty. Contrary to vulgar misunderstanding, oil only constitues six percent of the emirate's economy. This economy rockets 17% higher every year, while the construction sector soars at a 30% annual growth rate. Not only is there enough work for all sectors of society, with no excuse for unemployment or belly-moaning, there is also plenty of work for immigrants; in fact, 80% of the population is of foreign origin. But don't look around for the bureaucrats running the show, the greedy tax collectors, or the masses of people sticking out their hands for a government payoff – these misfits don't exist!

Across America, Europe, and Africa, socialists join forces. For them, "solidarity" means joining hands in a great human circle, closing their eyes, and chanting. Indeed, chanting, creating a false, collective reality to replace the truth of a sinking France and a high-flying Dubai: this is their means of survival.

As poverty-stricken Africans, we must identify and denounce this chanting. We must remember that government, like fire, is a good servant but a terrible master. Therefore, government should only perform those functions which carry a positive net contribution to human happiness: the protection of children and the environment, and the struggle against force and fraud. Above all, government must remain small and not hinder the work of entrepreneurs and private charities.

If we are to attain a better future, society must esteem chief executive officers more than legislators or presidents. Someone who creates wealth deserves more praise than someone who uses parasitic power to take wealth.







 

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