Le preneur d'otages ivoirien, Laurent Gbagbo, essaie de maîtriser la psychologie des gens
7 janvier 2011
Regarder de près le tyran ivoirien en train d'utiliser son pouvoir, j'ai l'impression d'observer un psychopathe qui a récemment lu des livres de psychologie populaire et qui a décidé de faire des expériences en vue de contrôler les gens.

"Les otages", une peinture par Jean-Paul Laurens.
Par exemple, dans un sens réel, il semble très conscient du rapport psychologique qui existe entre un preneur d'otages et ses victimes. Très souvent, le ravisseur terrorise ses otages en leur infligeant des violences et des menaces; ensuite, il montre une façade d'humanité. À terme, l'otage fait preuve d'un mécanisme de défense qui s'appelle "l'Identification à l'agresseur".
L'otage se considère en sécurité lorsque son bourreau lui donne des moments tranquilles. Pour pouvoir lui apaiser, la victime se convainc de voir les choses depuis sa perspective. Il abandonne même sa propre identité et adopte les opinions du preneur d'otages.

Le siège de la Cour pénale internationale (CPI), là où Laurent Gbagbo aura probablement sa retraite, s'il choisit de ne pas se suicider.
Gbagbo engage ce stratagème autant avec les Ivoiriens qu'avec toute l'Afrique de l'Ouest. Par rapport aux Ivoiriens, plusieurs fois pendant son régime il a lâché ses escadrons de la mort à l'encontre de l'opposition démocratique ou d'ethnies qu'il a jugé frondeuses. En ce qui concerne les autres pays de la région, il a récemment soulevé le spectre d'exactions contre les ressortissants étrangers dans le cas où la région envoie une armée pour lui déloger du pouvoir.
Avec les médias pacifistes européens, ce stratagème psychopathe semble marcher, surtout lorsqu'il prétend être le champion de la paix. Ils préfèrent l'idée de poursuivre "la voie du dialogue," ignorant le fait que Gbagbo s'est maintenu au pouvoir cinq ans après la fin de son mandat, pour se donner le temps de bien négocier les conditions pour les élections qui viennent d'avoir lieu le 28 novembre 2010. Maintenant qu'il a été battu dans ces élections, c'est un secret de polichinelle que la perpétuation des négociations équivaudrait à une licence pour être tyran à vie.
Gbagbo, qui s'habille dans les vêtements d'un héros nationaliste, voire national-socialiste, vis-à-vis des colonisateurs, à l'image de Chavez, Castro, Aristide, ou Mugabe, s'assure aussi le soutien des imbéciles qui croient à ces prétentions. Enfin, tous les tyrans, Hitler, Stalin, Mussolini, étaient des sauveurs de la nation face à des boucs émissaires. Il ne s'agit pas d'une nouvelle ruse, mais il marche toujours parmi les gens qui ne savent pas l'histoire.
Il existe aussi un certain racisme derrière certains partisans pro-Gbagbo. Ils veulent faire croire que même si Gbagbo n'est pas un bon président, tous les présidents africains sont corrumpus, et donc lui déloger du pouvoir ne vaut pas une guerre. La vraie histoire de l'homme de paix, de responsabilité, et de compétence, Alassane Ouattara, ne les intéresse pas du tout, bien sûr.
Le 4 janvier 2011, le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a adressé des messages forts à Laurent Gbagbo et aux membres de son état-major, leur avertissant qu'ils seraient tenus pour responsables des récentes exactions à Abidjan. Il a aussi écrit une mise en garde à destination des "subordonnées [du tyran Gbagbo] qui ne peuvent se croire protégés pour avoir exécuté des ordres." Le Haut Commissaire déplore finalement que Gbagbo a bloqué l'accès à des charniers pas loin d'Abidjan, ne permettant pas aux inspecteurs de faire la lumière sur ces cadavres appartenant sûrement à des démocrates ivoiriens.
Dans ce contexte, des soi-disant figures de la littérature africaine, qui ont été présentés dans les médias français comme de grands intellectuels, tels que Calixthe Beyala et Tierno Monénembo, ont repris les argumentaires du tyran Gbagbo dans les journaux et sur la télévision. Quelle est la signification du fait que ces gens soient disposés à trahir les ivoiriens? Ça pourrait n'être qu'une faillite morale, ou ça pourrait traduire des carences dans l'éducation dont ils sont titulaires. Peut-être que des étudiants avancent trop loin sans se baser dans les choses simples, mais primordiales, tels que la liberté et la démocratie. Avoir une éducation ou une capacité d'écrire ne sert à rien si on finit honteusement par soutenir un tyran.
Donc, Gbago, même en tant que psychopathe qui n'essaie guère de cacher ses forfaits, arrive à se procurer le soutien d'une collection de gens inadaptés. Il espère que les chefs d'états africains, eux-aussi, se comporteront comme des bons otages. Afin d'embrouiller la psychologie des gens, Gbagbo assortit les menaces contre les ressortissants étrangers à des sourires et à des politesses. Il croit que les vrais présidents africains voudront se pavaner devant les caméras et le regard de leurs pays respectifs, posant en hommes d'état et en grands médiateurs. Aussi, en reportant une intervention militaire régionale aux calendes grecques, ils éviteraient de devoir prendre des décisions sérieuses et de faire face aux menaces du preneur d'otages. Voilà le pari du tyran psychopathe et psychologue amateur.
Brian Rubaduka



